Beaucoup d’enfants ont découvert les échecs, ces dernières années, non pas en club ni en dehors de l’école, mais lors d’un créneau spécifique intégré à leur semaine scolaire : le temps d’activités périscolaires, plus souvent désigné par son sigle, TAP.
Ce que recouvre ce dispositif né de la réforme des rythmes scolaires
Ce dispositif trouve son origine dans une réforme d’ampleur des rythmes scolaires en France, mise en œuvre à partir de la rentrée 2013 dans les communes volontaires, puis généralisée l’année suivante. Cette réforme a réorganisé la semaine des écoliers en répartissant les heures d’enseignement sur un nombre de jours plus important, avec l’objectif de mieux respecter les variations naturelles de concentration des enfants au fil de la journée. En contrepartie de cette réorganisation, des créneaux spécifiques ont été dégagés en dehors du temps de classe proprement dit, confiés aux communes pour y proposer des activités éducatives, sportives ou culturelles.
Chaque commune organisatrice devait construire, en lien avec les acteurs locaux, un projet éducatif de territoire définissant le contenu de ces créneaux. C’est dans ce cadre que de nombreuses municipalités ont choisi d’y intégrer des ateliers de jeux de réflexion, aux côtés d’activités plus classiques comme le sport ou les arts plastiques.
Le financement de ces créneaux reposait en partie sur un fonds national mis en place pour accompagner les communes dans cette transition, complété par une aide spécifique aux activités périscolaires. Cette organisation, propre à chaque commune, explique pourquoi l’offre a longtemps varié fortement d’un territoire à l’autre : certaines municipalités ont pu proposer une large palette d’ateliers, dont des ateliers de jeux de réflexion, quand d’autres, avec des moyens plus limités, ont dû se concentrer sur un nombre d’activités plus restreint.
Comment un atelier de jeu de réflexion s’y organise concrètement
Dans la pratique, un atelier d’échecs proposé sur ce temps dédié fonctionne le plus souvent par petits groupes, encadrés par un intervenant extérieur à l’enseignant habituel de la classe, sur une durée d’environ une heure. La séance mêle en général une part de découverte des règles pour les enfants qui débutent, et une part de mise en pratique par le jeu pour ceux qui ont déjà quelques bases, dans une ambiance volontairement plus détendue que celle d’un cours classique, puisqu’il s’agit d’un temps pensé avant tout pour le plaisir de la découverte.
Ce format, ni tout à fait scolaire ni tout à fait extérieur à l’école, a permis à un grand nombre d’enfants de découvrir les échecs sans démarche supplémentaire à accomplir en dehors du cadre déjà connu de leur établissement — un point d’entrée particulièrement accessible pour des familles qui n’auraient pas nécessairement cherché ce type d’activité par elles-mêmes.
Pour beaucoup d’enfants, ce moment reste d’ailleurs associé à un souvenir précis : celui d’une première partie jouée sans enjeu, dans un coin de la cour ou du réfectoire transformé le temps d’une heure en petite salle de jeu, bien loin de l’image plus sérieuse que l’on peut se faire d’un cours classique. C’est souvent cette première expérience détendue qui donne envie à un enfant de poursuivre, ensuite, par lui-même ou en famille.
D’autres occasions ponctuelles permettent également de faire découvrir un jeu de réflexion à un enfant en dehors du temps scolaire habituel, comme nous le détaillons dans notre rubrique Activités enfants, où plusieurs rendez-vous annuels offrent des cadres tout aussi accessibles.
Né d’une réforme pensée avant tout pour mieux respecter les rythmes des enfants, ce temps périscolaire a ainsi eu, presque en creux, un effet inattendu : ouvrir à un jeu de réflexion exigeant les portes de bien des classes qui n’y auraient peut-être pas songé autrement.







