Avant même de savoir ce qu’est un échiquier, la plupart des enfants ont déjà, sans le savoir, commencé à muscler leur mémoire visuelle grâce à un jeu bien plus ancien qu’il n’y paraît : le Memory, créé en 1959 par l’éditeur allemand Ravensburger.
Le principe du jeu de paires
La règle ne change jamais : des cartes portant chacune une image, mélangées puis disposées face cachée sur la table, et deux images identiques à retrouver à chaque tour. Un joueur retourne deux cartes ; si elles se correspondent, il les garde et rejoue ; sinon, il les repose à leur place exacte et laisse la main au joueur suivant. Le jeu se termine quand toutes les paires ont été formées, et celui qui en a le plus l’emporte.
Pourquoi il prépare à mémoriser des positions
Ce que ce jeu entraîne vraiment n’est pas la chance, contrairement à ce que l’on pourrait croire au premier regard : c’est la capacité à retenir l’emplacement précis de plusieurs éléments sur une surface, et à mettre à jour cette carte mentale à chaque nouveau tour, y compris celui des adversaires. C’est exactement la compétence qu’un joueur d’échecs développe en apprenant à se souvenir de la position d’une pièce déplacée quelques coups plus tôt, ou à visualiser où se trouvera son cavalier après un enchaînement de coups qu’il n’a pas encore joués.
Comment varier la difficulté selon l’âge
Avec de très jeunes enfants, on commence en général par un petit nombre de paires, six ou huit, posées en ligne plutôt qu’en grille désordonnée. La difficulté augmente ensuite naturellement avec l’âge : plus de paires, une disposition plus large sur la table, ou une règle où l’on doit annoncer à voix haute l’image que l’on pense se trouver sous une carte avant de la retourner, ce qui ajoute un vrai défi de mémoire active.
Ce même principe de progression graduée se retrouve dans plusieurs activités présentées dans notre rubrique Activités enfants, où l’on adapte toujours la difficulté d’un exercice à l’âge de l’enfant plutôt que de proposer un seul niveau pour tous.
Sous ses allures de simple jeu de salon, le Memory reste ainsi l’un des meilleurs points de départ pour habituer un enfant à observer, retenir, puis mobiliser ce souvenir au bon moment — trois réflexes qui lui serviront bien au-delà du plateau de jeu.







